Cultiver le détachement – Yukai Sensei

Cultiver le détachement – Yukai Sensei

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 Cultiver le détachement

Nous sommes des êtres humains fragiles et influençables, même si notre intelligence se croit forte notre cœur d’enfant reste plein de désirs et de peurs, impossible de le forcer à se détacher des apparences qui le rassurent il faut d’abord le faire grandir.

Il est facile de dire qu’on est détaché du monde tant que notre sécurité n’est pas remise en cause, un proverbe dit que : »L’estomac qui a faim ne connaît plus la politesse ».

Le lien dont il est le plus difficile de se libérer est certainement le besoin d’être aimé par un proche ou reconnu dans la société d’une façon ou une autre, nous existons beaucoup dans le regard des autres. L’attachement à sa famille et à ses enfants sont des liens affectifs très forts et quasi incontrôlables. De même le travail et l’activité intense sont une sorte de drogue qui agite l’esprit et crée de la dépendance.

Donc les mystiques fuient les liens du monde et vivent enfermés dans des monastères pour être libres de tous soucis et se consacrer entièrement à la vie intérieure, ce qui leur permet de percevoir par les yeux de l’esprit d’autres niveaux d’existence que le monde concret.

Plus la vie intérieure s’approfondit, plus l’attachement au monde diminue Toutes les activités des hommes ordinaires ont juste pour but de protéger leur bien et d’affirmer leur existence, ils luttent pour s’accroîtreet souffrent de l’impermanence.. A la différence des hommes ordinaires, les religieux essayent de se détacher de leurs pulsions animales qui les poussent à s’investir dans le monde.
La roue du karma et des renaissances possède en son centre trois animaux , le coq, le serpent et le porc pour symboliser les trois passions fondamentales qui animent tous les êtres . Avec sa colère le coq agresse son environnement pour défendre son territoire et il accumule ainsi du mauvais karma qui lui apportera la souffrance.

Sous la pulsion d’avidité le porc accapare les biens des autres sans se soucier de leur bonheur et il nuit par égoïsme à l’équilibre de la vie ce qui apportera aussi de la souffrance.

Sous l’emprise de la paresse le serpent se contente de suivre ses pulsions sensuelles sans réfléchir aux conséquences.

Sommes nous colérique et orgueilleux comme le coq, ou avide et anxieux de manquer comme le porc , ou stupide et indolent comme le serpent?

Le cœur passionné projette ses rêves de manière forcené, c’est normal car sans rêves à quoi bon vivre. Même si nous ne pouvons renoncer complètement au monde, nous avons intérêt à nous simplifier la vie. L’homme est un animal supérieur qui a un talent inné pour faire son propre malheur.

Par exemple, il peut se sentir frustré parce qu’il lui manque soi-disant quelque chose pour être heureux, ou se mettre dans des situations conflictuelles du point de vue affectif, ou ruminer des heures durant des pensées de ressentiment contre quelqu’un pour des faits qui ont eu lieu longtemps auparavant, et encore s’ils ont eu réellement lieu et pas seulement dans son imagination!

Nous nous attachons au monde pour combler notre solitude intérieure mais comme rien n’est parfait, nous souffrons aussitôt d’angoisses, de jalousie, de tristesse, de colère refoulée, de désirs inavoués…. Beaucoup de problèmes viennent de ce que nous ne communiquons pas assez avec notre subconscient, des besoins ou des peurs sont refoulés et non intégrées à l’ensemble de la personnalité. Tout le monde veut avoir et donner une bonne impression de soi, mais à force de refouler de son subconscient tout ce qui n’est pas convenable on en arrive à ne plus avoir accès à des zones de sa conscience primitive. La plupart des gens qui prient nettoient donc toujours les mêmes pièces de leur maison intérieure en pensant ainsi devenir parfait mais ne descendent jamais dans la cave qui est verrouillée par peur d’y découvrir quelques monstres hideux. Yukaï Senseï

 

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