La pratique dans la vie quotidienne – Yukai Sensei

La pratique dans la vie quotidienne – Yukai Sensei

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La pratique dans la vie quotidienne

Le disciple laïc Vimalakirti utilisait chaque circonstance de la vie quotidienne comme un exercice pour approfondir la connaissance de son esprit.

Les réactions du monde extérieur à notre égard sont le reflet de la maturité de notre comportement et de ce que nous sommes intérieurement.

Quand la force de la prière est grande les impuretés dues au karma et aux défauts des hommes sont évacuées et c’est seulement la grande force d’amour du Bouddha qui se manifeste non seulement en nous mais autour de nous.

Les maîtres spirituels disent que toute les choses arrivent au bon moment quand ils prient intensément Kangi-ten et que les résultats sont encore meilleurs quand ils n’ont même pas besoin d’intervenir personnellement car les gens compétents viennent aider de manière mystérieuse. Kangi-ten assure la protection de ses dévots tout particulièrement en s’exprimant la nuit à travers leurs rêves pour leur indiquer symboliquement les difficultés qu’ils vont rencontrer dans la journée qui vient.

Les religieux qui pratiquent le rituel secret de verser de l’huile sur sa statue la nuit rêvent souvent de lui car il n’hésite pas à se manifester à eux. Un jour qu’il m’était apparu en rêve, je lui ai dit: »Laisses moi dormir tranquille, tu es une illusion parce que je culpabilise de ne pas aller prier. Si tu veux vraiment que je vienne donnes moi un signe ». Deux minutes après le téléphone sonnait, il était deux heures du matin!

Cultiver consciemment un cœur joyeux en s’aidant de la prière à Kangi-ten est certainement le meilleur chemin pour garder l’attitude juste dans la vie et attirer automatiquement le succès. Il s’agit juste de percevoir la présence du Bouddha dans chaque être, même le plus simple, et de l’aider à s’exprimer dans les activités de la vie quotidienne. Si le directeur prie pour le bonheur de tous ses employés, le travail se fera plus facilement parce que tous sentiront sa gentillesse dans leur cœur et seront heureux de collaborer dans la joie. Travailler dans la joie devrait être un objectif prioritaire dans une entreprise plus que de se fixer des objectifs trop difficiles à atteindre ce qui crée souvent des tensions inutiles.

Un maître spirituel disait que ses disciples étaient meilleurs que lui, alors on lui demanda pourquoi il était le maître du monastère, il répondit qu’il ne se mettait pas en avant et qu’il était capable de reconnaître les qualités et les défauts de chacun pour coordonner leur action.

Quand on sait aimer sans avoir peur d’être dépassé, on apprends non seulement de ses propres erreurs et en observant celles des autres mais aussi en sachant apprécier ce qu’il y a de meilleur en chacun.

Bien réagir dans des situations de travail consiste donc à être attentif aux émotions qui sont générées chez soi et chez les autres par le stress de la fatigue et aussitôt à prier pour en atténuer les proportions .

Chaque situation est toujours le fruit du karma personnel et collectif, il n’y a donc pas un seul responsable pour ce qui arrive de négatif. Cultiver le détachement intérieur vis-à-vis de soi même permet d’éviter de se sentir jugé et de se disputer. En cas de conflit, si seulement nous pouvions n’ouvrir notre bouche pour dire que des choses positives.

Le philosophe grec Socrate, enseignait la sagesse des trois tamis par lesquels il fallait faire passer ce qu’on voulait dire pour que ce soit de manière juste. D’abord est-ce vrai? Il faut vérifier avant de colporter  des idées fausses ou malveillantes.

Si oui, est-ce nécessaire et utile de parler? Toute vérité n’est pas bonne à dire, inutile de faire de la peine et quelqu’un peut faire un mauvais usage d’une connaissance juste. Puis comment s’exprimer de manière élégante de façon à ne blesser personne? Sinon, il vaut mieux se taire car la vérité mal exprimée ne sera pas écoutée.

La meilleur chose au monde c’est la langue, mais c’est aussi la pire selon l’usage que l’on en fait disait Ésope, un autre philosophe grec.

Mon maître Aoki Yuko disait toujours que la rancune, l’envie, la jalousie, et tous les autres sentiments négatifs étaient des poisons pour la santé, et c’est aussi vrai dans les relations sociales.

Parler juste et gentiment crée un climat de joie autour de soi et, dans cet état de légèreté intérieure, la sagesse peut naître spontanément de nos échanges.

La sagesse, c’est de savoir adoucir et relativiser les choses et que notre action soit toujours l’expression de notre compassion intérieure.

Réjouissons nous donc pour tout ce que nous avons maintenant et cela nous conservera en bonne santé, ce qui est le meilleur des biens. Prenons cette habitude de nous réjouir et de remercier pour tous les petits miracles qui nous entourent et il sera plus facile plus tard face à un problème de ne pas céder aux vieux réflexes de la colère ou de l’avidité.

Suivre la voie du bouddhisme, c’est devenir quelqu’un de sérieux qui sait rester joyeux en cultivant le détachement.

Peu importe qu’on nous aime, qu’on nous déteste, qu’on nous méprise, ou qu’on nous rejette, en cultivant la joie intérieure nous vivons connectés avec un autre niveau de réalité stable que personne ne peut nous voler, le contact avec le Bouddha, le trésor de notre vie. Ce qui était vrai autrefois l’est encore aujourd’hui, celui qui maîtrise le joyau de son esprit comprends tout et peut accomplir des miracles dans sa vie et celle des autres. Pour y arriver, il faut pratiquer la prière et la méditation chaque jour.

Yukai senseï fev 2010

 

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