Le joyau – Yukai Sensei

Le joyau – Yukai Sensei

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 Le joyau

Le plus grand trésor que nous puissions acquérir pour notre bonheur sur cette terre ne se trouve pas dans le coffre d’une banque mais dans notre propre cœur qui ne demande qu’à être poli pour exprimer les merveilles qu’il renferme. Mon rêve serait que chaque homme sur cette terre consacre au moins une heure chaque jour à se perfectionner, à la longue le monde entier deviendrait meilleur, le caractère sacré de chaque vie serait respecté ainsi que la vie de la nature qui est indispensable à notre équilibre et notre épanouissement

Cela n’est pas facile de changer le monde et encore moins les humains, aussi je crois qu’il faut commencer par se transformer soi-même pour être efficace.

Devenir conscient de soi-même

Beaucoup d’hommes satisfaits d’eux même se contentent d’être comme ils sont sans réfléchir, ils accusent le monde entier de leurs tourments ou cherchent à les oublier dans les distractions ou l’alcool, parfois ils tyrannisent toute leur vie leur famille et leurs proches.

Un signe certain de maturité est la possibilité de se juger soi-même avec objectivité et de reconnaître que nous rencontrons souvent les mêmes difficultés parce qu’elles ne sont que le reflet de nos faiblesses morales ou d’une vision trop simple de la vie.

Se transformer demande des efforts et de la persévérance, cependant quelques soient nos défauts, nous sommes toujours libre de vouloir devenir responsable de notre vie et en trouvant l’aide et les conseils d’un psychologue et d’un religieux faire patiemment un travail sur nous-même.

C’est la seule voie qui apporte un bien-être qui dure car c’est selon notre maturité que nous réagissons aux événements et que nous tissons les liens de notre destinée.

La psychologie nous aide à nous libérer des souffrances de notre enfance et des fausses croyances dues aux erreurs de notre éducation, le Bouddhisme nous libère de nos limitations d’être humain ordinaire et nous fait connaître la joie profonde de s’orienter vers un état supérieur qui dépasse notre ego.

Un mendiant qui découvre un jour qu’il est roi n’a plus envie de fouiller les poubelles, de même celui qui comprends que sa vie est précieuse ne la gaspille pas dans des activités vulgaires.

Désormais il ne suffit plus de s’affirmer socialement, ni d’être avide de posséder toujours davantage mais d’utiliser chaque moment pour épanouir notre nature spirituelle, la bouddhéité.

Le proverbe dit « Aides-toi d’abord et le ciel t’aideras », des solutions raisonnables apparaissent quand on accepte de voir les situations telles qu’elles sont réellement et qu’on commence à agir en s’aidant par la force de la prière. Tout dans l’univers est le Bouddha Daïnitchi-nyôraï qui exprime à chaque instant son intelligence et son amour et il se trouve aussi caché dans le cœur de tous les êtres.

Celui qui sait cela, respecte sa présence par sa conduite éthique dans sa vie quotidienne, ainsi il vit en harmonie avec cette force universelle et peut recevoir ses grâces.

La vie lui enseigne et lui apporte tout ce dont il a besoin au bon moment d’une manière mystérieuse.
Pour conserver et approfondir ce contact, plus nous avançons, plus nous devons être attentif à nos paroles et nos actes et aussi à nos fréquentations car nous devenons pour les autres un modèle et notre responsabilité devient plus grande.

Les relations humaines ne sont pas simples et s’expriment souvent dans des rapports de force, aussi la fermeté et la rigueur sont nécessaires, la vrai bonté c’est d’être juste.

Nous récoltons ce que nous avons semé mais parfois la vie teste aussi notre sincérité avant de nous donner une promotion dans notre éveil intérieure et il n’est pas toujours évident de savoir ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

Il est préférable de ne pas répondre aux insultes et aux calomnies et de savoir apaiser un conflit sans réagir par des actes nuisibles car le bonheur vient ensuite. Avoir des buts élevés devrait nous faire voir le jeu du monde avec plus de détachement et donc nous aider à agir avec plus de lucidité sur le long terme.

Les hommes qui vivent ainsi selon leur idéal sont rares, respectés et recherchés, ils sont les vrais joyaux du monde car ils stimulent chez les autres le désir de bien faire et élèvent par leur présence le niveau de la société.

C’est en priant les Bodhisattvas que nous développerons en nous le discernement et la réflexion de Monju bosatsu, la stabilité de Fuguen, ou le courage, la loyauté, la rigueur morale et intellectuelle de Fudô-myôô, mais aussi les qualités de cœur de Kannon comme la patience, la générosité, l’écoute, la sensibilité, la compassion. Dans cette vie nous en retirons des bénéfices certains et ces qualités acquises dans le cœur se transmettront aussi de vie en vie comme des traits de caractère pour notre plus grand bonheur et celui de nos parents et amis.

 

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